La DOMUS antique
"Il n'est que de laisser flâner son regard sur des trésors pour que le cœur s'enflamme et se sente réconforté. Car il est des richesses dont la seule valeur est la traversée du temps. Ces fresques ont su garder tout leur éclat et toute leur beauté pour nous arracher ce souffle. Je me sens humble à leur vue, je me sens si touchée, si reconnaissante de pouvoir les admirer. Je voudrais pouvoir traduire ce que je ressens devant ces images du temps mais je ne puis que leur offrir toute mon incommensurable admiration." LDG
À Pompéi, les vestiges archéologiques ont démontré la diversité des réalisations romaines. L'art de bâtir des Romains s'est révélé dans tout l'Empire, et ce, à un niveau étonnant, que ce soit dans l'architecture, dans le confort, la décoration et l'adduction. L'habitat nous permet une meilleure approche du mode vie des Pompéiens. Déambuler dans une domus permet de comprendre leur mode vie, pour nous plonger jusqu'au cœur même de leur intimité.
"Lorsque l'on passait le seuil d'une domus, la porte d'entrée s'entrechoquait énergiquement sur un phallus ailés en bronze ou sur le demi-dieu Priape,
accroché au plafond, comme l'on peut le voir sur les photos que j'ai
prises cet été, lors de l'exposition à l'Antiquarium de Pompéi.
Cette
culture du phallus s'affichait ostensiblement au vu et au su de tous et
était honoré par chacun. Synonyme de fertilité pour les Campaniens,
Priape est le protecteur et le bienfaiteur des jardins, et faisait
partie d'une façon toute naturelle de la vie au quotidien, dans le
paysage Pompéien. Un gage de fertilité pour celui qui le possédait en
objet, en peinture, en sculpture ou toute autre forme.
Pour les jeunes
filles désirant féconder, une très ancienne cérémonie les initiaient aux
rituels des pratiques de la copulation. Elles chevauchaient alors la
reproduction d'un phallus. Un témoignage sous forme de graffiti laisse à penser que les jeunes filles de Pompéi
y avaient recours.
ARESCUSA QUI ÉTAIT VIERGE, AVEC PRÉCAUTION, S'EST
EMPARÉ DE SON MUTHUNIUS.
Le phallus étant personnifié par le dieu
Tutunus Muthunus, alias #Fascinus.
Autre temps, autre culture, n'y voyez rien d'offensant."
"Des fresques aux couleurs encore très vives, ont été récemment mises au jour dans le triclinium (salle à manger) d'une maison à Pompéi. Une lumière directe qui aura, à la longue, des conséquences néfastes sur ces détails picturaux étonnants.
J'ai remarqué lors de mes nombreuses visites, que la salle à manger était souvent peinte de noir. Mon ami guide m'avait alors expliqué que c'était choisi sciemment. Du noir pour que la suie que les lampes à huile déposaient, reste à peine visible à l'œil.
Mais ces fresques à force devaient en recueillir les dépôts ? Apparemment pas ! Sans doute l'on prenait soin de placer les nombreuses lampes fixées sur des candélabres de façon à ce que ces scènes peintes ne soient pas tachées. Lors d'un banquet, les hôtes confortablement installés sur les lits de table, pouvaient contempler ces fresques tout à loisir. AB OVO USQUE AD MALA "de l'œuf jusqu'aux pommes", l'œuf dur étant traditionnellement le premier met du banquet que les serviteurs déposaient sur les tables basses. Les "hostilités" pouvaient alors commencer.
Les conversations avec le DOMINUS (maître) et son épouse allaient bon train sur la vie quotidienne dans la cité, on parlait affaire, politique mais aussi des plaisirs de la vie. Les convives engouffraient leurs amuse-bouche avec appétit et bonne humeur, complimentant au passage leur hôtesse et leur hôte, sur le choix de leurs mets succulents.
Les coupes en argent se levaient à la lueur vacillante des flammes, en présence des LARVAE CONVIVIALES, ces squelettes en argent placés dans la pièce pour éloigner les esprits maléfiques. Ces statues étaient aussi là pour leur rappeler qu'il faut profiter de la vie, CARPE DIEM !" Laurence De Greef
La maison des chastes amants
Amantes ut apes vita mellita exigunt. Velle
"Les amants, comme les abeilles, jouissent d'une vie des plus douces.
-Si au moins !"
Voici la raison pour laquelle la maison porte ce doux nom ; toute la poésie d'un graffiti retrouvé dans ce péristyle. écrit à deux mains. La première amoureuse et la seconde plus sceptique et languissante.
L'incroyable villa de Diomedes à Pompeii
Cette demeure doit son nom au tombeau de Marcus Arrius Diomedes, qui lui fait face, de l'autre côté de la rue.
A ce jour, on ne connait toujours pas le nom du propriétaire de cette immense maison de campagne, cependant, j'aime à croire qu'elle a appartenu à Marcus Arrius Diomedes dont j'ai repris le nom pour l'un des personnages principaux de mon roman. Votre imagination fera le reste lorsque vos pas nous mèneront devant cette fabuleuse propriété... vous verrez.
Fabuleuse, cette villa l'est assurément. Immense et d'une impressionnante richesse architecturale, elle fait rêver. La propriété se situe hors des murs de la cité de Pompeii. Bâtie sur un terrain escarpé, aux abords de la nécropole de la Porte d'Herculanum, les derniers tombeaux la côtoient sans dénoter. C'est un endroit magnifique et reposant, loin des bruits de la ville.
Depuis la rue, rien de frappant que son entrée très particulière. La demeure fait face au Mont Vésuve et n'est composée que d'une grande enceinte qui délimite la villa. L'entrée en diagonale est abritée par un portique à deux colonnes, que l'on n'atteint qu'après une volée de marche.
Après avoir pénétré dans le petit péristyle à 14 colonnes, engageons nous dans la maison au décor pariétal fastueux et allons nous promener jusqu'au jardin ceint d'un admirable portique qui l'entoure des quatre côtés et qui offre une fraicheur accueillante lors des promenades du matin.
Le jardin ornemental agrémenté d'un grand bassin. J'imagine aisément les peintures aux murs et, ici et là, des volières accueillant des oiseaux exotiques et puis, par endroit à l'ombre des arbres, de gracieuses statues, de déesses ou de nymphes, de dieux ou d’esthètes, sans oublier des fontaines au débit incessant et apaisant. Mais ce jardin offrait avant tout un point de vue inestimable sur la mer, depuis les terrasses de son portique.
Imaginez vous alors, tout comme moi, comme il pouvait être agréable d'y vivre...
Dans ce lieu, je m'y promène en pensées et seule l'imagination a pu un instant ranimer cet endroit merveilleux, à travers quelques pages.